Apres une infructueuse tentative d achat de billet de train a la nouvelle gare de Lhassa (dont la masse m a rappelée celles du transsibérien), et apres renseignements pris pour une extension de visa a Golmud, nous nous dirigeons vers le lac Namtso. 


un peu, beaucoup, et certainement passionement

Le train depuis Lhassa ou vers Lhassa = 
1 marche noir qui achète les couches-durs (couchettes en compartiment ouvert) et ne laissent sur le marche que les assis-durs. 45h assis-serre, c est un coup à se casser le cul si je puis me permettre. D autre part les couches-mous sont au prix de l avion.
2 on ne peut acheter plus de 10 jours en avance (donc la avec un trek de 15jours, impossible)
3 les agences de voyage ne proposent pas ou peu (on na pas tout fait ou on est des buses) de réservation, comme c est pratique et cohérent avec une industrie touristique déjà opérante sur le reste du territoire (dans bien des lieux ou on est passe en tout cas)

Je rentre en France (27 aout au 19 septembre) faire la surprise à mon ami Sébastien, pour son mariage, avec la complicité de sa future femme. Je raconterai tout ca dans un autre post, des que j aurai des photos.
Damien reste au Tibet randonner, amoureux transi des treks en quasi autonomie dans des espaces peu pollues par l homme. Aller, j aime bien aussi ;-)

Pour revoir mon pti seb et d abord Chengdu d ou part mon vol pour paris, j ai "du" prendre l avion de puis Lhassa. Il y a quelques moi lorsque seb m a annonce son mariage avec Éléonore le 1er septembre 2007, j ai tout de suite pense que je n y serai pas, le voyage étant prévu depuis longtemps, et ma bourse ne me permettant pas un aller retour en France. Plus tard ils m ont propose de me payer le billet d avion pour que je puisse venir. Ne sachant pas comment je vivrais le voyage, c est à dire ou je serai et dans quel état d esprit, et aussi conscient du montant du billet d avion (a la fois gêné et touche de ce cadeau), je reportai ma réponse à quelques mois avant le mariage en accord avec eux. Sur l ile de Hainan, je me décidai, après un mois de voyage en solo.

A l heure ou j écris ces lignes, je me dis CHOUETTE, ca va être de bons moments, et en plus je vais revoir ma famille et mes potes. A l heure ou j ecris ces lignes, je suis dans notre tente, a 5000m, le vent souffle, en face la neige fond sur la crête.
















Damien et Marie Jo sont chez les nomades depuis au moins deux heures en quête de papas, yaourt, fromage, viande de yak séchée, à faire cuire le riz complet (on a peu de carburant pour le réchaud et au moins trois jours avant d atteindre Lhassa) et aussi a tuer le temps de cette journée que la neige matinale a fait de repos. 

Hier j étais chez les nomades pour choper ce qu’il pouvait nous offrir. Il y avait, selon les mots échangés avec les 3 nomades qui nous ont regarde nous retrousser les pantalons pour traverser la rivière, "papa" et yaourt (marie-jo connaissait le mot en tibétain), quelques améliorations du quotidien alimentaire en vue. Pain béni avant l'ascension du Guring-la, col de 7 ans au Tibet, notre objectif a....6000m, apothéose de nos randos, de notre voyage ensemble. 

Ainsi, en ce jour de repos, et ce moment d exceptionnelle solitude, je profite pour me faire un brinde toilette (c est venteux, un brin suffit), lire, écrire...

orange-break.jpgSieste orangée

Reprenons du début. Armes de nos cartes russes et de sacs allégés, la motivation était grande pour cette dernière rando a deux. Après 3 (ou 4?) bons brownies que j'avale goulument,  nous voila en quête de transport vers le Namtso. Arrives a Darmxung, point de départ de notre périple, et après un plat de nouilles sautées...en soupe, au grand désespoir de Damien (les nouilles sautées sont délicieuses, quand les restaus font es nouilles sautées comme on souhaiterait qu’elles soient, ce qui arrive rarement), nous traversons la plaine vers le col. 

Un défilé de 4x4 sur une route carrossable semble correspondre à notre destination. Bof. Nous questionnons des locaux et prenons la direction du Kong La (la=col). Un tracteur nous porte au dernier village nomade, après la traversée partielle d une plaine s étendant a perte de vue, dont les échancrures des vallées sécantes abritent des nuages de pluie, rendant une lumière diffuse et changeante.


Darmxung est derrière nous, la vallée est large, Damien est pressé d'effacer les signes de civilisation capitaliste

je ne reconnais plus personne en isuzu-mitsubishi-massey -ferguson. Ils taguent leurs engins pour les "griffer" grande marque...coquetterie rurale !



Joyeux après quelques heures de marche : nous quittons pour 3 jours route et habitation. La vallée nous menant au col est une gorge qui s élargit au moment du bivouac. Nous grimpons un peu, sautons de pierre en pierre sur les torrents, avec plus ou moins de succès.





























de ptis moments d'escalade, bons pour le tonus physique

plouf.jpgje lance une question a 5 maos : pieds mouilles ou pieds secs ?

Le lendemain, un paysage alpin de plus en plus dégarni s offre à nous. C est enivrant, gigantesque. Les nuages sont les seuls acteurs, dessinant les flans nus, avec quelques oiseaux, et nous. Mal de tête aussi, on approche les 5000m, la teneur de l air en oxygène et la pression baissent. Damien n’est pas bien, le mal de tête est symptomatique du mal des montagnes. Le sang circule moins bien, et le risque est l embolie cérébrale : le cerveau se remplit de flotte, et clac, c est fini. 

chapeau acheté sur la place du jokhang, à cette altitude, mieux vaut se protéger

hou-hou.jpgvallée en U, Damien en mire, alpages et traces de tentes nomades, espace ouvert et fermé, changement de dimension


les formes dégarnies mettent en valeur les couleurs du mineral


c-bo2.jpgOuais c est presque la meme qu un peu plus haut, c est juste pour transmettre l idée de lumière dans ce genre de vallée



Nous stoppons, je pars vite vers le col dont nous ne pouvons évaluer la distance sans visu. Torse nu dans ce presque désert d altitude, je suis euphorique tant ce paysage m envahit.





LE cairn, je crie "lassolo", accompagné d une timide végétation à l approche du col

J'aperçois un cairn, le col n est pas loin. Effectivement, en grimpant sur le pierrier, j aperçois l étendue d'eau sacrée, couverte de ciel bleu, sentiment de victoire et de plénitude, je ressens la pureté des lieux...et retourne vite vers Damien. Deux heures de marche, deux heures de montée : pas raisonnable. Nous descendons pour que Damien se sente mieux. Je passe une nuit à me réveiller a chaque soupir prononce de mon ami. 



Nous passons le col le lendemain, Damien ayant pris de l aspirine (fluidification du sang) et du diamox (diurétique), il n arrive pas a boire beaucoup comme il devrait, nauséeux. 


Objectif Namtso en vue

Nous redescendons, Damien n'est pas bien, la lumière baisse, le dénidelé est faible : on ne descendra pas trop en altitude

Au passage, je suis plus tatillon que Damien sur nos conditions de randos en général. Il aime marcher beaucoup, jusqu’ a être bien fatigue, alors que j aime pas mal flâner, contempler dans heures sans me déplacer. Ceci dit notre rythme bouffe marche bouffe marche bouffe dodo m a plu, et poursuivant mon voyage, j aurai le temps de faire les choses a mon rythme plus tard.

Apres le col, descente de 1h30, arrêt sieste-repas chaud, nous sommes canes. 












rechaud-pas-chaud.jpgNotre technique de la bouse s est amelioree, mais sans bois, c est difficile,alors un bon coup de rechaud au gasoil, un MSR whisperlite peu performant, s est impose.


Au réveil, constatant de gros coups de soleil sur les parties imprudemment laisses a l air, poursuite vers Tashi Dor, presqu' ile et ermitage bouddhiste. Sur le plateau, les troupeaux de yaks et de moutons abondent, ce pâturage est presque un pré sale car borde d une eau saumâtre.

En avant vers l'ermitage de Tashi Dor, évaluant difficilement les distances

Lac de 70 Km d elong entouré de pics de 7000m...

Nous stoppons peu motivés par la texture du bitume. (au passage dédicace au habitant du pays de pail)


Le matin les Yaks s'abreuvent au lac

Nous sommes souvent entourés de Yaks

Nous croyons y arrive le soir même, mais l évaluation des distances est rendu difficile par la platitude. Une piste fréquentée et des lumières d un village nous surprennent. Ca veut dire touristes, mais aussi restau ! (sorte de Ying/yang ;-).

Tashi Dor, c est le mont Saint Michel du Tibet peut être. La les gamins nomades c est "money money", les chiens rodent, le parking est plein, boueux, sale, les préfabriqués et autres tente magasin ou restau sont disharmonieuses. Au Tibet, nombre de lieux de haute spiritualité ont l âme est souille par l infrastructure touristique.  Il pleut, il vente et notre arrivée à ce village fut une aubaine. Apres un bon restau, et son poêle nous redonnant chaud, TAYO ! 


Un nomade-branleur "money-money"

Avant de quitter définitivement cette babylonesque anthropisation (aller on se fait plaisir, dedicace au kru géo), nous entreprenons le Nekhor, petite kora (pèlerinage circumambulatoire) autour d'un des deux promontoires de la presqu’ ile. Des centaines de cairns, des grottes sacrées, de rares touristes. Il est vrai que l on est mieux au restau et a faire la photo souvenir : le tourisme de masse chinois (pléonasme?) est une caricature.


autour d un des promontoires, les cairns se comptent par centaines, il flotte une drôle d atmosphere

En quête de ravitaillement pas cher, nous allons a l est, vers Namtso Qu, amenés en gros 4x4 par des militaires gradés joyeux de prendre des occidentaux (excepte le chauffeur dont nous avons pourri le coffre). Quatre nouilles séchées et trois bricoles plus tard, nous revenons vers Tashi Dor et y dormons.
 

Le cimetière, mais quel cimetière ?....me dis je sur la dune.

Tashi Dor de loin

Nous marchons sur la dune, bruit de vagues, étendue d'eau a perte de vue a l ouest, troublant rappel de mes premières randos en tant qu’accompagnateur sur le littoral breton. Nous avançons, nos organismes s accoutument aux conditions d altitude. Le Namtso est parait il une des plus ventées, au climat le plus difficile et imprévisible du Tibet.

Traces de moto en tout sens sur la steppe



Une tente jaune et bleue ? C’est quoi ? C est Marie-Jo qui vise le Guring La. Seule, corse trekkeuse sans peur et sans reproche, frêle femme avec qui nous décidons de faire route, vers un objectif que nous rejoignons (on partait un peu a l aventure malgré nos cartes).
Nous écoutons son expérience, les échanges sont faciles. A un moment, j ai eu peur de tomber sur un type de randonneuse croisée sur les sentiers douaniers de Bretagne, genre couillue du trek. Je me trompai.


début d'un bout de chemin, rencontre

couleurs (ça ne rend pas bien, mais on imagine non ?)

Près du ruisseau ou nos campons, les nomades nous rendent visite ainsi qu’une lumière de jour finissant magnifiant le paysage. Nous sommes sur un plateau vert, face a un lac de 70 km de long, entoures de chaines aux sommets blancs, culminant au de-là des 7000m.

visite des nomades, voisins d une nuit qui ne voient pas si souvent des étrangers sur ce rivage lacustre


C'est beau, ça vente.


mon pote et la popote, il est temps de deguster les nouilles déshydratées.






Le lendemain, nous pensons stopper et prendre un camion pour avancer les 60 bornes de plat qui s annoncent avant de bifurquer dans la vallée menant a notre col. Succès. A l arrière,  le panorama nous ravit cahin caHAN. Deux camions plus tard, nous questionnons au village, sans véritable succès. Nous quittons la piste en parallèle quelques heures.


panoramique, vive le stop en camion (sisi on pense ça parfois)

poussiere.jpglumière, poussière

marie jo

vous avez vu, derrière c est la plage

Orage, oh des espoirs !




En vue d un monastère, nos espérons gite et peut être couvert, conditions idéales avant l ascension du col. Peine perdue, l hirsute personnage nous ouvre le temple dédie a guru Rimpoche (très important, entre autre pour la structuration du bouddhisme au Tibet) et devient autiste lorsque nous quêtons ne serait ce qu’un abri pour la nuit. Nous campons en contrebas, et j entends les chiens.




au pied du monastère, les cairns marquent le Nekhor



pause " t t t, pas de marque" (soda a etiquette verte et bleue) et discussion à partir de cartes qu un de nos "hotes" arrive à comprendre basiquement

La vallée en U (caractéristique des valles glacières tibétaines) nous mène lentement, une pause tout les 100m d ascension, au camp de base à 5300m. Fausse piste. Nous avions reconnu les forme du relief sur la carte, le cerveau a tendance à voir ce que l on souhaite voir, et la carte de Marie Jo, finalement fausse, montrait l entrée de la valle au niveau du monastère. Point positif, nous passons une nuit à nous acclimater à cette altitude.


en bas c'était le pique nique à l'abri du vent


OOOOUUUUUUUUAAAAAAAAIIIIIIISSSSSSSSS, il fait beau


Coup de barre matinal, 3 petits pas, je souffle, je m assois parfois. Optimisme et interrogation alternent quant à notre direction. Nous trouvons la vallée. La pente est douce mais l herbe fait des coussins, rendant la progression peu confortable. Apres une difficile traversée de rivière, nos atteignons le Y des valles menant a Yangpachen, village sur la route de Lhassa. C est d ici que j ai écrit ces lignes (y en a un peu trop??). 
Armes de papa et yaourts, c est le ravissement gustatif et stomacal. Les nomades n acceptent pas directement l argent qu’on leur tend en échange de la nourriture. Alors c est pour les enfants, pour les crayons, l école.
Aujourd’hui, a 9h pipi dans la neige, grasse mat jusque 13h, pti-dej puis sieste, écriture, lecture d Edgar Morin : introduction a la pensée complexe. Très intéressant écho d Henri Laborit sur certains points, est-ce un progrès à venir dans la pensée, j espère que l on  pourra aller dans ce sens ?


merci pour le yaourt !!!



Culinarisation de notre fin de trek, le soir nous mangeons un riz curry cacahuètes, d autant plus appréciable que, réserves diminuant, les repas frugaux remplissaient timidement les besoins énergétiques. Aubaine avant une ascension que ce repas plantureux. La question de la veillée porte sur le temps du lendemain, notre adaptation à plus de 5300m. Et je me suis dit, vivre le voyage a pied, c est un accomplissement. Cette opinion est d ailleurs très ancrée en Damien.


entrée des deux vallées menant à Yangpachen, nous on part à gauche

Avant le coucher, je bois abondamment, pour irriguer au mieux l organisme, fluidifier le sang. A 3 h du mat, fièvre, courbatures, maux de ventres, vomissement...réveil et vomissements à nouveau, pas d'énergie. Je renonce à notre apothéose envisagée. Douloureusement, vraiment. Au revoir et partage de la bouffe effectues, ils partent au nord, je descends seul au sud. Eux au col, moi vers la piste et Lhassa. Le temps est clément mais encore froid a 7h du mat. Je progresse difficilement, embrume d une nuit agite, vide de nourriture, maux de ventre et fièvre en prime.

Camp de nomade en vue, motos, transport ! Vie hors de notre temps dans ces camps nomades. Cela m a frappe plus qu’a l accoutumée ce matin la. Peut être parce que j arrivai et le village était encore partiellement endormi. Négociations pour une moto, infructueuse. Je m’énerve de cette brutale propension à pomper l étranger. La nourriture ne coute rien au nomades, elle vient de leur production directe, pas comme une moto et son carburant, peut être est la différence. 

Je pars, énervé. 500m plus tard, le soleil chauffant, je me pose, hésite à siester. Une moto arrive et accepte 70 yuans pour 25km (50 car il fera sans doute le retour à vide). Cher. Tan pis, je veux du confort et de la médecine occidentale. Arrive a ce qui m apparaissait comme un nœud de transport, je constate la petite taille de ce village. Les bâtiments administratifs chinois m ont trompe sur sa taille réelle. Je cherche du transport, vers les camions, je questionne, heureusement, ca parle chinois dans le bourg. Pas moyen. Je me refugie dans un hôtel si l’on peut dire. J ai l impression d être dans le film U-turn, coince dans un village de consanguins hilares alcooliques plus ou moins inquiétant. Impression accentuée par mon état de fatigue, je le concède. 

La visite au dispensaire fut providentielle, et finalement, une jeep me fera la partie nord du lac pour un prix honnête. Fatigue, je contemple les tendues peu peuplées, les affleurements de roches dans l herbe rase, les lacs annexes, les changements de formes du relief, accompagnes de tibétains lançant systématiquement tout emballage de nourriture par la fenêtre. Aucun occidental croise en 9 h de trajet, ni même de jeep, alors que le ciel est bleu, que le vent est faible. Tout le monde est à Tashi Dor.


lhasa-valley.jpgH2bergé chez le frère d une hotelière de Tashi Dor, je tente le stop de bon matin

la tete en gant de toilette, je serai pris en stop par un vieux tibétain en moto un peu plus tard


Je pense être content du moutonnement touristique finalement. Restez ensemble, ne polluez pas plus d espaces, prenez votre photo, consommez et repartez. C est effarant de venir au Tibet et de se comporter ainsi de mon point de vue. Il est tellement facile de s éloigner pour un moment de contemplation paisible dans ces grand espaces. A ce sujet, je souhaite dire aussi que el Tibet est un paradis pour tour organise, et que même le voyageur dit indépendant prend les routes balisées. Je crois que tout les occidentaux  a qui j’ai cause et qui voyagent en indépendance ont fait le circuit Samye-je ne sais plus ou. Peur de l aventure ? Les infos sont certes difficiles à choper. Quand bien même. Tant mieux pour nous, tant mieux pour eux peut être aussi. La j aimerais mettre la chanson de Tonton David " Chacun sa route, chacun son destin" mais écrit comme ca, ca perd de sa saveur.

Retour à l'accueil