Il me fallait une coupure, et ce ne sont pas les opportunites qui manquent niveau chouettes destinations en asie du sud est.

J’ai décidé, renseignement pris, de filer de Dali vers Jinghong pour prendre le bateau pour la Thaïlande. Descente sur le Mékong entre le Laos et le Myanmar (Birmanie) pour arriver a Chang Saen (de mémoire). Depuis Dali, passé au sud du tropique du Cancer, on perd 1500 m d’altitude, résultat, il fait chaud il fait humide, c’est “super green”, ça sent les vacances l’ambiance tropicale non ? Ainsi, après un échauffement au spa de Dali, a prévenir mon corps que ça allait suer sec si vous me permettez l’oxymore, je me dirigeable vers le pays des premiers touristes sexuels passes a Envoyé Spécial, la Thaïlande. La descente de Dali vers Jinghong, capitale du Xishuanbana, la partie méridionale du Yunnan, se fait en sleeper bus, confortable, heureusement car la route était...montagneuse.

Jinghong n’est pas une ville qui m’a marquée. En ballade près du jardin botanique, mon portable sonne et j’apprends que j’ai égaré la note salée de notre dernière soirée au Bird bar (500 kwais), discussion avec la proprio, ça s’arrange...boaf. Et au réveil ma branche de lunette qui tombe, sans vis. re boaf...
J’ai pu revoir la veille Aurélien et Fanny http://lareunionparpekin.centerblog.net/, en passant au Mékong café goûter une soupe poulet curry coco. Marrant de se revoir par hasard. Ils cheminent vers le Vietnam en longeant, en lorgnant la frontière sud de la chine.

Le lendemain bateau.

C’est une navette, une vedette rapide et bruyante, pleine de thais et de chinois de clase moyenne, avec en bonus des occidentaux, telle cette famille (7 personnes) américaine, Boris, qui met en place un documentaire sur le Mékong de sa source a l’embouchure, Xavier correcteur au Monde Diplomatique qui doit écrire un article sur le Carrefour laotien, dont l’importance logistique est en plein boom. Ainsi le Laos reste toujours très tranquille, mais une ou deux émissions de TV ont favorisé l’accroissement du flux touristique. Et au nord, entre la Chine et la Thaïlande, une autoroute se construit, laissant présager une augmentation des activités connexes.
Ca me fait penser que je ferias bien d y faire un tour avant !

Le bateau glisse sur un lit plus ou moins encaisse, laissant entrevoir des plages a hommes en slip (vous voyez ? ;-). Une image d’Épinal de plus dans la besace ! L’eau est très turbide, et je crois que j’aurais aimé stopper les moteurs et goûter a l’atmosphère inédite pour moi de plusieurs spots. M’enfin, c est pour la prochaine fois.

C’est la fin de la saison sèche, mais pas encore la transition vers l’humide, donc le niveau de l’eau est bas, et les bancs de sable freinent puis stoppent notre avancée. Et nous voila sur la rive laotienne, sur une plage de cailloux ronds et blancs, à rivaliser de ricochets, faire un brin de causette, mettre les pieds dans l’eau. La lumière descend, l’imprévu met tout le monde au même niveau et la convivialité s’invite.





À la nuit, après 13 heures de voyage, nous arrivons en Thaïlande. Pas de visa pour les occidentaux. Ambiance relax. Avec Boris, nous partons vers une guest house et nous trouvons dans des petites maisons dans un chouette jardin. Décidés à goûter la bouffee de rue, pas mal, nous finissons a boire des bières dans un bar ou une gamine de 16 ans maigrelette et peu enjouée est placée pour nous servir de la bière, et plus si monnaie…c’est pas des histories donc…

Le lendemain, départ pour Bangkok en milieu d’après-midi. Je cause avec Xavier de mon expérience chinoise, de la vie au monde diplomatique, de son article http://www.monde-diplomatique.fr/2008/08/MONTHEARD/16167, de mon intérêt pour Serge Halimi nouveau rédacteur-chef du diplo. A noter, 3 arrêts pour des contrôles lies a la drogue. Drogue synthétique. Ils fouillent même les déchets (papiers de barre de céréale…) mais ne regardent même pas les occidentaux. Le confort des transports, et le niveau de vie en général sont bien autres que ceux de la province yunnanaise. Ce n’est pas désagréable.

Bangkok 5 dum’.
“Ouahou !!! mais pas trop non plus” si je puis dire. Bordel de gare routière, taxis qui t’accostent, c est la nuit, tête dans le fion…Je me débrouille pour trouver la bonne gare routière qui m’emmène c’est décidé, vers le port d’embarquement pour Koh Tao, 7 heures au sud.

Arrive a Chumphon, c’est un mélange que je n’avais jamais connu. Le Backpacker et le touriste pulullent. Nous sommes ici dans un des ports menant aux îles de la plongée sous marine, aux full moon. Et la Thaïlande c’est un pays doux pour le touriste, ceci facilite par une politique pragmatique, un climat clément, un budget journalier ouvert a pas mal de bourses. On peut se la jouer jet set comme touriste classe moyenne occidentale, backpacker…

Disons le ça ne me plait pas. Trop de monde, trop de pub, trop urbain. Voyage de nuit vers Koh Tao, le vent du bateau lourdaud offre une fraîcheur accueillie avec bonheur. Il est temps de rejoindre le pont supérieur où tout le monde dort dans une pièce pavée de matelas. J’accueille cette promiscuité  avec sourire, presque un soulagement, rêvant déjà tout imprégné de la magie du ciel étoilé, de la mer, du voyage vers une île mystérieuse, caressé par la brise idéale du mouvement sur l’eau.



Koh tao. L’île de la tortue. Image d’Epinal, encore et encore avec les bateaux longs des pêcheurs ou speed boat, la couleur de l’eau, les huttes donnant sur la mer, les cocotiers…Après 5 h de recherche, sac au dos, je trouve une hutte perchée sur la colline. Le rivage ou nous avons accoste est envahit de tatoués, de blondes, de lounge-bar , de motos et quad pétaradant et qui vous font vous pousser du chemin toutes les 2 minutes.…(Là j’aimerais retranscrire l’image de manga du petit japonais qui vomit sa soupe de nouille comme marqueur de dégoût)
Je prospecte plus tard vers “l’école d’apnée” Apnea Total, pour les prix, horaires etc. Et c’est parti pour la découvrte d’un nouveau monde.


Maison de mes voisins Stefan et sa femme. En route depuis des années, yoga quotidien, vie simple, vie saine, que quelques échanges, des regards francs laissent entre apercevoir.


Pti dej sur ma terrasse de cahute


Copain de chambrée, mangeur de moustique. Au début ça fait bizarre


Arrivé a Koh Tao, j'ai toujours ma bouteille de Dali, infecté de décroissance par mon ami Damien, et je découvre l'iconographie.


À Koh tao, j'ai eu la chance de rencontrer caroline. Elle est instructrice de plongée et apnéiste. Elle vit la depuis 6 ans et j’ai donc été introduit a certains aspects de la vie de l’île. Soirées chouettes avec ses amies hôtesses de l’air, poissons au barbecue les pieds dans l’eau, éclairés a la torche, soirée avec du son pas trop mal et de très bons jongleurs de feu...Rencontrer quelqu’un qui vit sur place permet de découvrir plus de choses bien souvent.



J’ai découvert des aspects de ce qui était présenté dans la plage, le film avec di caprio. Cela reste un chouette film pour moi. Le bouquin est comme souvent autrement plus profond. Le reve du paradis chaud accueillant, je comprends qu’on y ait cru. La Thaïlande sans ces ordes blanches, une perle pure. Maintenant (et je n’aborde pas la porcherie de Phuket et consorts) les backpackers, les voyageurs a valise (comment dire autrement… « classiques» ?), sont partout. Ou presque bien entendu. L’histoire de l’ile quasi préservée existe toujours (je fais référence a The Beach), et je ne dirais ici les indications qu’ont m’a donné a ce sujet, au cas ou elles soient vraies.

J’ai croisé pendant les cours d’apnée un français habitant Koh Pangan, temple de la full moon (full moon qui se décline en autant de : no moon, half moon…et c’est aussi l’ile sur laquelle revient di caprio pour faire des courses et ou il vomit cette génération prête a cramer la planète pour plus de pilules de sexe et de consommation) et donc de la défonce commerciale pas encore réprimée par les autorités. Attention, ne pas faire le malin niveau drogue en Thailande, ou alors avoir sa carte de crédit et du cash déjà sur soi pour « raisonner » le flic. Flic qui peut aussi profiter de sa situation pour devenir un bon dealer.


Sur une rando avec un jeune couple d'allemand, en bordure du réservoir construit en hauteur, avant de rejoindre un coin accessible en 4x4 et moto uniquement,et a pied bien sur.


La cahute sur la photo, c'est un salon de massage...


 

 


Les randos a Koh Tao furent intenses, la baignade suivante était…fantastique. J’ai réussi a me perdre, en sandales, dans la jungle, de nuit. C’était un peu chaud vu mon équipement et la visibilité sous la végétation. Heureusement je savais qu’il y avait la mer, et je me suis décidé a la rejoindre quitte a ne faire que nager. Apres quelques écorchures, je me retrouve dans un resort (on dit « rizorte », en gros un hotel pour touriste) terreux, en sueur et un peu ahuri. La baignade de nuit sur une plage désertée fut…Un régal.

Trouvant petit a petit mes marques et commençant a causer notamment a Andres, colombien maître nageur au Danemark, je fus assidu au volley tout les après midi. L’épice de ces parties, agréables même sans, était la candeur des ladieboyz. Des travestis, opérés ou non, qui gloussent, sont plus ou moins femmes, et te collent des gros smatchs et des contres…Ambiance très cordiale, et baignade, juste après, aux lueurs descendantes.

 


Cette culture du travesti, j’ai entendu plusieurs explications, mais je n’en dirait rien pour ne pas propager de fausses infos. Toujours est il que débarqué a Bangkok (dont on peut faire un jeu de mot pour les anglophiles) vers Kao San, ancienne Mecque du traveller aujourd’hui sponsorisée par heineken et coca, on voit le vieux trav qui fait bien crade avec sa tronche d’arraché, qui tente sa chance avec la viande fraîche qui détourne encore le regard vers cette nouvelle faune. Mais alors l’Anglais quarantenaire qui croit avoir chopé une bombe sexy et chaude comme la braise…Il va se la jouer démarche de cow-boy en décuitant le lendemain…Terrible image, authentique.

Je me suis blessé au pied au volley. Quelques jours plus tard, Caroline qui partait pour son visa je crois, me file son scoot qu’elle avait acheté le même jour (chouette cette fille). Je ne suis pas un pilote, et au moment de me garer sur la colline, fausse manœuvre, je retiens le scoot avec ma jambe…et hop un barbecue de mollet de breton. Un ou deux jours après, je ne mange pas, je reste couché assommé…je vomis…On ne laisse jamais une plaie non nettoyée et encore moins en milieu chaud humide. Je m’en souviendrai, ça m’a empêché de faire de l’apnée a la fin de mon séjour.

 


Je n’ai pas participé à une fête de plage, eletro a donf. Vacciné ? Pas accompagné pour…Pas envie aussi.
L’apnée fait découvrir, du moins m’a fait découvrir, des sensations que ces soirées, qui peuvent être démentes hein, j’adore parfois, bref, l’apnée : des sensations pures. Genre apnée dans du lait quoi.
Ok, j’arrête là.

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